Libération de l'écriture

Alexandre Korber est technicien web et cofondateur d'Usinette (lire aussi la rubrique (Ré)acteurs), qui propose notamment des ateliers collectifs avec des machines à écrire. Le but : questionner la place de la technologie dans notre quotidien, mais aussi (re)trouver le goût et le temps de penser, de poser ses idées sur le papier. Il nous raconte ici son rapport à la machine à écrire, devenu une véritable passion.

Pour pas mal de monde, écrire n'est pas une chose anodine et facile. Oui, écrire sa liste de courses sur un bout de papier ou écrire vite fait un pense-bête sur un post-it, ça reste une tâche relativement simple pour ceux et celles qui ont appris à écrire à l'école. Notons que ça n'est pas encore le cas pour tout le monde. Même en Europe, on peut compter 1 % de personnes ne sachant ni écrire ni lire (1).
Au-delà de pouvoir écrire, il s'agit aussi d'en avoir envie. En général, suite à des études universitaires mêmes courtes, c'est devenu une habitude et formuler des idées à l'écrit semble naturel. Pour d'autres qui n'ont pas eu l'occasion d'écrire faute de temps et faisant un travail qui ne sollicite pas cette pratique, écrire devient une corvée. La place dans nos vies que tiennent les ordinateurs et les téléphones portables a changé tout de même la situation. Nous échangeons par écrit très fréquemment mais cela reste une production de textes très courts et utilitaires : donner rapidement des nouvelles, s'organiser, etc... L'époque où les gens s'envoyaient des lettres longues plusieurs fois par jour est révolue. Même l'usage des courriels a tendance à ne toucher que des échanges formels et professionnels. Les courriels étant largement supplantés par les médias sociaux, même en groupes.
Utiliser les médias sociaux pour échanger et poser ses idées semble donc le nouveau standard, mais que deviennent les personnes qui n'ont ni les moyens financiers, ni la formation pour utiliser ne serait-ce qu'un « smart phone » ? Sans parler du coût d'un accès Internet.

Retrouver la spontanéité entre nos doigts et nos mots

Internet a définitivement changé notre rapport à l'écriture, la rendant plus spontanée voir même instantanée mais cette simplicité, nous le savons, s'appuie sur une industrie lourde faite de « data center », d'infrastructures, de production massive d'ordinateurs individuels et de « smart phones » pour la maintenir. Que se passe-t-il lorsque nos médias sociaux mettent « la clé sous la porte » ou cessent d'exister (2), effacent nos échanges, tombent en panne ? Cette vision catastrophique pourrait s'apparenter à une disparition du courrier postal, bien plus sollicité actuellement pour recevoir des colis que pour échanger des cartes postales et des lettres d'amour ! Cet usage paraît, hélas, obsolète aux politiques successives privatisant ce service public ancestral et accessible. La poste est pourtant un média social qui a fait l'objet de pas mal d'expérimentations (jeux (3), art (4), littérature (5)).

La spontanéité, je vous propose de la mettre entre nos doigts et nos mots. Le dispositif le plus simple étant le stylo et le papier. Nous n'avons pas encore abandonné cette pratique, quitte à la mimer sur les tablettes numériques. Ensuite, il y a le clavier. Avant le clavier de l'ordinateur, le clavier de la machine à écrire. Une pratique moins spontanée que l'écriture manuscrite mais, lorsqu'il s'agissait de partager ses idées, pouvoir les relire, bien avant qu'Internet et que l'informatique domestique existent, était indispensable.atelier machine à écrire 2

Etonnamment, en 2019, c'est encore le moyen de poser des mots sur du papier de manière lisible sans avoir besoin d'allumer ni imprimante, ni ordinateur, sans avoir besoin non plus de répondre aux sollicitations de l'anti-virus, du système d'exploitation qui souhaite se mettre à jour. Étrangement, les machines à écrire encombrent les garages, les caves et les greniers car elles ont été fabriquées en très grand nombre et aussi massivement abandonnées pour les premiers PC familiaux, souvent pour cette bonne raison : on peut effacer !

Aujourd'hui, la pratique de l'écriture a changé par cette simple touche : « effacer ». Sur une machine à écrire, cette touche est absente. On peut juste revenir en arrière, barrer ou sur-imprimer des XXX pour ne plus voir certains mots. Lorsqu'on barre un mot, on le voit encore, on a donc à notre disposition plus d'informations sur son brouillon dactylographié que sur son éditeur de texte, même en revenant sur ses actions précédentes (CTRL-Z n’existe pas non plus sur les machines à écrire). La production du texte va donc vers l'avant en laissant les traces de ses erreurs, de ses modifications, entretenue par le bruit mécanique et grisant de la machine, rappelant certains « vieux » films (6) ! Écrire un texte sur un ordinateur est bien moins cinégénique, bien que le bruit du clavier ait été préservé (7) pendant longtemps pour ne pas dérouter les premiers utilisateurs et surtout utilisatrices, majoritairement dactylographes.

Les femmes dactylographes ont été alternativement émancipées par l'usage de la machine à écrire et oppressées par cette même machine conçue pour rentabiliser, optimiser et donc surcharger son utilisatrice. Quelques années plus tard, elles se retrouvent devant l'écran scintillant des premiers postes de saisie informatique, avec sous leurs doigts un outil soit-disant plus ergonomique et tout autant productiviste, n’enlevant rien à leur oppression au travail. En 1984, 48 « dactylocodeuses » (8) travaillant à l’INSEE de Nantes lancent 64 jours de grève car le nouveau matériel fait mal aux yeux, empêche les interactions habituelles avec les collègues et oblige à plus de concentration. Les travailleuses se sentent, en plus, dépossédées de leur outil qu’elles maîtrisaient parfaitement. Devant elles maintenant, un « logiciel » de saisie dont on ne leur explique pas le fonctionnement global et surtout les pannes à répétition. Elles gagnent (!) : moins de temps devant l’écran, la suppression des contrôles individuels de la production et le paiement de 21 jours de grève.

Un acte fluide et organique improbable

Je redécouvre donc cet outil qu'il faut dépoussiérer et reconsidérer maintenant, en 2019. C'est pour moi une redécouverte de l'écriture. J’ai été tenté d’abandonner l'idée, souvent fastidieuse : se ménager un petit moment quotidien pour penser et poser ses idées. De plus, écrire son journal est encore actuellement considéré comme une pratique féminine, mobilisant les sentiments. Alors j’abandonne, honteux de ne pas insister, honteux d'avoir voulu l'entreprendre. Un « vrai mec » garde tout pour lui, c'est bien connu. Mais tans pis : je continue !

Puis cette rencontre s'installe tranquillement dans le quotidien : d'abord, pour son côté folklorique et d'un autre âge ; ensuite, pour ce petit défi à réussir une ligne sans coquille et sans regarder le clavier, puis un paragraphe, puis une page, une fois par jour, pendant un an. Ça y est, c'est rentré dans l'intime, ça fait corps, ça devient un acte fluide et organique improbable qui produit des pensées sur du papier. Ça devient très rapidement une nécessité et on se demande comment on pouvait laisser s’envoler tout ça, même les idées les plus triviales, la météo, j'ai chaud, j'ai froid, je suis heureux, triste… puis heureux de l'écrire. Ça donne aussi des repères pour mieux se connaître et donc avancer sereinement. Relire même deux semaines dans le passé peut s’avérer très surprenant ! La mémoire et la perception du temps se réajustent par cette pratique.

Sans l'écran et sans la touche qui efface, la démarche est différente et on assume bien plus de choses, on lâche prise et on accepte de ne pas contrôler directement. On peut utiliser un interligne 2 pour reprendre son texte plus tard, avec la même machine, avec un stylo ou même en le retapant sur un traitement de texte. C'est une machine de captation d'un flux de pensée brute et là est l'avantage. Une sorte de baromètre ou de sismographe de l’âme. Si l'écriture manuscrite est difficile même musculairement au bout d'un moment, sur une machine, le texte coule tel un fluide et dix doigts prennent bien plus de temps à fatiguer que trois !

Une histoire particulière

Point tout aussi important : c'est un outil accessible financièrement. Beaucoup de gens vous donneront leurs machines ou la vendront pour quelques euros avec la conscience tranquille de céder l'outil d'une vie à quelqu’un qui s’en servira. Oui, l'outil d'une vie puisqu'elles ont été conçues pour durer même plusieurs vies : la Hermes Baby (9) de 1965 que j'utilise actuellement ou la Remington Noiseless de 1955 (10), que j’utilise la nuit pour ne pas réveiller tout le monde, en sont la preuve.

Construites massivement, les machines à écrire ont une histoire particulière. Il s'agit d'une invention relativement récente dont un certain Henry Mill (11) en 1714 avait déjà posé un brevet, mais qui n’aboutit à aucune fabrication connue. Cette machine, qui pourrait imprimer successivement des lettres sur du papier, n'est apparue sous les doigts de son concepteur, Christopher L. Sholes (12), politicien, journaliste et imprimeur, qu'en 1878 à Milwaukee, Wisconsin, aux Etats-Unis. Après s'être inspiré du piano, de la machine à coudre et des foisonnants designs (13) qui émergeaient au même moment. Sa véritable industrialisation n'arrive qu'en 1873 lorsque la firme Remington, alors fabricante d'armes à feu, achète le brevet de Sholes pour construire les machines à écrire en métal plus robuste. Avant cela, les multiples versions en bois se vendaient difficilement car elles étaient trop fragiles. Remington a repris l'esthétique des machines à coudre qu'ils fabriquaient, ornées de décorations florales et de paysages bucoliques. Seulement 4.000 machines ont été construites en 1874 et Remington a passé la production à un fabriquant qui a augmenté considérablement le nombre de machines disponibles sur le marché. Ainsi, a commencé un succès industriel avec la seconde version en 1878, la Remington 2, équipée de majuscules et de minuscules contrairement à la précédente.atelier machine à écrire 4

Un critère de succès que le design de Sholes intègre dès 1872, avec un clavier dont l'agencement des touches est encore utilisé, même sur nos « smart phones » : le clavier QWERTY. La principale raison de ce choix était d'éviter que les marteaux ne s'entrechoquent et que la frappe en soit ralentie. La première révolution industrielle se dote alors de l'un de ses premiers outils de productivité.

Ralentir

Mais que faire de ça ,en 2019, après les deux révolutions industrielles que sont l'informatique personnelle et Internet ?

RALENTIR !
Voilà ce qui peut nous arriver de mieux en utilisant une machine à écrire aujourd'hui. Ralentir et se concentrer sur cette tâche devenue si rare : penser et formuler ses propres idées directement sur une feuille de papier de manière lisible et élégante (14). Rien ne vous empêchera de la scanner, voire même d'utiliser un logiciel de reconnaissance de caractères (15), comme je l’ai fait pour écrire ce texte. Ce qui importe, c'est la première impulsion et les premiers mots. Ils seront différents de ceux que vous écririez avec un stylo ou avec un ordinateur. Il s'agit d'un autre instrument à votre disposition. Un instrument d'écriture propre à vous mettre dans une sorte d'état hypnotique, par le toucher, par le son ; laissez-vous extirper cet état si particulier de la conscience lorsque vous voulez partager vos idées, donner des nouvelles, en recevoir en ouvrant votre boîte aux lettres sur une pile de publicités si bien imprimées, insensées.

Baladez-vous en pleine nature avec votre machine à écrire portable, écrivez devant un paysage majestueux, écrivez dans les lieux publics et voyez les réactions autour de vous. Posez devant chez vous une table et des chaises, commencez à écrire des poèmes à la demande.
La machine à écrire, oubliée des outils techniques, nous fait aujourd'hui un effet particulier par l'écart entre son utilité et la virtuosité de sa construction : comment de tels outils peuvent exister au-delà de générations d'utilisateurs et d'utilisatrices ? Pourquoi n'est-il plus normal de garder nos objets usuels aussi longtemps ? Pourrions nous imaginer garder nos automobiles aussi longtemps sans sacrifier à notre sécurité ? Juste en intégrant dans le cahier des charges du fabriquant la notion de robustesse et de pérennité ?
Les deux sondes Voyager (16) ont été capables de fonctionner bien plus de temps que le prévoyait la NASA en 1977 car le design stipulait de pouvoir « laisser » la sonde fonctionner en évitant d'imaginer qu'elle puisse tomber en panne, en laissant des champs d’exploration aux générations successives d’ingénieurs. Les sondes ne sont pas tombées en panne et ont été reprogrammées à distance. Elles parcourent actuellement l'espace au-delà de notre système solaire et au-delà des estimations du projet initial.

L'obsolescence, outil du capitalisme

Si nous appliquions ce même cahier des charges à tous nos outils et objets techniques – les laisser possiblement évoluer, être réappropriés par les générations suivantes, être réinterprétés, détournés – un certain processus en serait largement affecté : celui qui s'appuie sur la mise sur le marché d'objets vendus comme indispensables et générant ce besoin de nous conformer, de suivre la majorité et la tendance. Ce processus, le capitalisme, se réapproprie les idées de l'écologie pour nous servir du « développement durable ». Il peut nous faire croire qu'il propose des objets ne générant pas de déchets en inventant de nouvelles normes en connivence avec les industries complices. Non, construire des objets techniques robustes et qui durent des générations n'est pas rentable en capitalisme puisqu'il est plus important de vendre plutôt que de partager et échanger des valeurs d'usage. Voyager sort de l'orbite terrestre grâce au capitalisme. Il sort de l’héliosphère aussi grâce à lui par le biais de la Guerre Froide et du niveau d’implication de l’époque pour rester les premiers.

Nous sommes aujourd'hui un peu contraints de la même manière d'accepter ces outils amputés de toute valeur d'usage : des automobiles fragiles par design, dont l'habitacle est inversement proportionnel à la taille de l’habitacle ; des « smart phones » dont le système ralentit un peu plus à chaque mise à jour ; des outils fragiles et nombreux qui n'ont qu’une seule fonction pour les fabricants : être fragiles pour être achetés de nouveau. Comprendre n'étant pas accepter, utiliser n'étant pas choisir, il est possible maintenant d'imaginer ce que pourrait être une industrie qui ne nécessiterait la fabrication que de quelques outils et machines dans le cours de nos vies. Une seule automobile, une seule machine à écrire, un seul ordinateur, une seule machine à coudre. Pourrait-on encore appeler cela de l'industrie ? Pourrait-on encore appeler cela du capitalisme ?

Des exemples de machines à écrire « d'aujourd'hui »machines à écrire 5

La valeur d'usage de cette belle Hermes Baby a fait perdre la tête à son utilisateur ! Il oublie de vous suggérer quelques machines qu'il a déjà eues sous les doigts et quelques lectures.

La Hermes Baby est un best-seller en Europe. Elle s'est construite à 4,5 millions d'exemplaires à travers le monde. Conçue par Paillard à Yverdon en Suisse, marque qui fabriquait aussi les réputées caméras Paillard-Bolex. Il s'agit de l'une des plus petites et plus légères des machines « ultra-portables » avec des variations en plastique sorties fin 1970, construite d'un seul bloc, protégée par une coque solide. Il est possible d'en trouver pour moins de 10 € en vide-greniers ou sur les sites de ventes en ligne. Ses touches en forme de grosses molaires épousent les doigts et la frappe est un peu molle mais constante. Françoise Sagan (17) l’a utilisée.
La Hermes 3.000 est un peu la machine pour le bureau, grande sœur de la Baby. Sa conception permet une frappe sans effort et très régulière. Elle possède le même design de touches mais a plus de fonctions : des tabulations et un levier pour régler la force de la frappe. Eugène Ionesco, Sam Shepard, Jack Kerouac l’utilisaient.

Dans un style tout à fait différent, la Olivetti Lettera 32 (18) offre un design épuré qui pourrait être LE profil générique d'une machine à écrire tracé en quelques coups de crayons. Elle est de taille intermédiaire aux deux précédentes tout en restant transportable. Son clavier est différent et on se surprend parfois à faire quelques pointes de vitesse sans se rendre compte d'écrire sur une machine à écrire. Elle se fait totalement oublier : l'outil ultime. Elle possède les tabulations et un réglage de la force de frappe. Celle que j'ai a été achetée sur un vide-grenier de banlieue parisienne pour 10 euros. Cormac McCarthy (19) a écrit la plupart de ses romans avec cette machine dont « No Country for Old Men » (2005) (20) et « The Road » (2006) (21) ayant été portés à l’écran.

Je ne me risquerai pas à décrire les autres machines en ma possession (ou serait-ce l’inverse ?) de peur de générer chez vous la même tentation compulsive d'accumuler. N'oubliez pas que pour notre propre intérêt de dactylographes, il faut éviter de dépenser plus de 50 euros pour une machine : ne jouons pas ce jeu spéculatif !

La naissance de la « typosphère »

L'accumulation a cependant son intérêt si on décide de faire des séances d'écriture collective, une activité bon enfant où les grand-mères dactylo côtoient les petits-fils totalement hypnotisés par la virtuosité des femmes ayant passé une bonne partie de leur carrière à utiliser ces reliques ! Les réactions lors de ces « Type out » (22) vont de la nostalgie à la phobie pure : la technologie est manifestement un organe très sensible.

Pensant ne pas être le seul sur terre à redécouvrir cette pratique, j'ai trouvé en me baladant sur Internet des tas de gens (23) qui sortent les machines à écrire des greniers. Un mouvement est né. Lors des actions de « Occupy Portland » en 2011, des militants rédigeaient les tracts à la machine. Artistes, bloggers scannant et postant leurs textes dactylographiés, angoissés du numérique, musiciennes, hipsters, écrivains, scénaristes, poétesses de rue, écrivains publics et j'en passe se réapproprient cet outil et le rendent de nouveau contemporain. Internet se marie avec la machine à écrire pour donner la « typosphère », une sorte de média social qui mélange les pratiques des fanzines, du blog et de cette écriture bruyante mais rassurante en cas de panne de courant !

Je ne peux que vous conseiller la lecture du livre de Richard Polt, « The Typewriter Revolution » qui montre bien ce désir de combiner simplicité d’usage, convivialité et refus du tout numérique. Spéciale dédicace enfin à Joe Van Cleave, photographe et passionné de machines et de partages qui m’a fait régulièrement voyager à Albuquerque, Nouveau Mexique, juste pour partager l’idée d’imperfection (24) ou l’appareil photo qu’il bricole avec un ami hacker (25).

Ecrivons-nous !

Alexandre Korber, samedi 9 novembre 2019

(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_taux_d'alphab%C3%A9tisation
(2) Google Wave, Myspace, Yahoo groups, Digg…
(3) http://lerpg.unblog.fr/2018/07/04/rpg-epistolaire-partie-theorie/
(4) https://www.theverge.com/2014/10/7/6882427/king-of-keys
(5) http://www.revue-terminal.org/www/terminal-archives/magazine/archives/terminalN5.zip
(6) https://en.wikipedia.org/wiki/All_the_President%27s_Men_(film)
(7) https://www.theverge.com/2014/10/7/6882427/king-of-keys
(8) http://www.revue-terminal.org/www/terminal-archives/magazine/archives/terminalN5.zip
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Bolex_International#/media/Fichier:Hermes_Baby_green_(Swiss_German).jpg
(10) https://typewriterdatabase.com/1955-remington-noiseless-7.7929.typewrite
(11) https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Mill
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Christopher_Latham_Sholes
(13) https://www.antiquetypewriters.com/
(14) http://xoverit.blogspot.com/2014/03/100-typewriter-typefaces-compared.html
(15) https://github.com/manisandro/gImageReader
(16) https://www.scientificamerican.com/article/how-nasa-fights-to-keep-dying-spacecraft-alive/
(17) https://site.xavier.edu/polt/typewriters/Sagan1956.jpg
(18) https://en.wikipedia.org/wiki/Olivetti_Lettera_32
(19) https://fr.wikipedia.org/wiki/Cormac_McCarthy
(20) https://fr.wikipedia.org/wiki/No_Country_for_Old_Men
(21) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Route_(roman)
(22) https://usinette.org/actualites/article/participation-au-festival-faire-hacker
(23) http://typosphere.blogspot.com/ (en bas de page : le flux RSS « The Mighty Blogroll » vaut la visite).
(24) https://www.invidio.us/watch?v=-8jAoKaYueI
(25) https://www.invidio.us/watch?v=SF8IE90xUdw